Poésie
L'Odyssée d'Iris

Sous l'ombre des nuées s'éveilla une flamme.
Une femme avançait, douce clarté de l'âme ;
Sa pluie illuminait les cieux de mille feux,
Arc-en-ciel jaillissant, messager lumineux.
Les vents se recueillaient au seuil de son chemin
Et les rivières portaient l'écho de son destin.
Chaque goutte exposée devenait une étoile
Et l'éther s'inclinait devant l'éclat primal.
Les peuples étonnés contemplaient son visage,
Reflétant les saisons et les plus beaux rivages.
Ils murmuraient en chœur : « Voici l'astre éternel,
La messagère d'or traversant notre ciel. »
Les fleurs s'ouvraient soudain au parfum de l'ondée,
Les forêts s'irisaient de charmes et de reflets.
Et l'air, imprégné d'elle, portait dans son voile
Les promesses des dieux en veines sidérales.
Née du souffle marin que Thaumas façonna,
Et de l'éclat des nues qu'Électre illumina,
Elle unit dans son être la mer aux cieux mêlés,
Palette aérienne en féérie colorée.
Des vapeurs de l'onde elle emprunta la grâce,
Et des lueurs du ciel la fulgurante audace.
Ainsi naquit Iris, messagère éternelle,
Pont vivant de lumière de la mer jusqu'au ciel.
Ses ailes d'or brillaient au sommet des nuées,
Son sillage étirant le vélum irisé.
Sa tunique légère diffusait son éclat,
Ses longs cheveux d'aurore moirant jusqu'à l'Alpha.
Opposant à ses sœurs, les Harpies de noirceur,
Un arc-en-ciel sacré, Oméga de couleurs.
Ainsi l'éternité, dans son souffle discret,
Révéla aux humains l'harmonie des secrets.
Comme les lignes apparues au détour d'un orage,
Sa grâce éphémère portait un doux message.
Elle rappelait aux hommes fugitive beauté,
Cette splendeur cachée dans l'instant de clarté.
Ainsi son voile d'or, suspendu dans les cieux,
Était l'écho discret des chers moments précieux.
Et l'univers chantait, dans l'éclat de ses pleurs,
La beauté passagère qui console les cœurs.
Héra lui confia les secrets du tonnerre,
Et Zeus la dépêcha aux confins de la terre.
Rapide comme l'éclair, elle emportait la voix
De ces dieux immortels aux humains en émoi.
Mais l'ombre du destin obscurcit son chemin,
Les hommes égarés doutèrent de son dessein.
Ils craignaient son pouvoir, rejetèrent sa clarté,
L'arc sacré trembla au souffle de l'été.
Son trait fut effacé quand Hermès, d'un pas sûr,
Reçut des dieux le sceau des messages futurs.
Et l'arc resplendissant qu'Iris offrait aux hommes
Ne fut plus qu'un instant, un moment qui étonne.
Sa trace se dissout dans l'air qui la retient,
Comme un souffle oublié qui console et s'éteint.
Chacun peut ainsi voir dans sa grâce qui meurt,
La beauté éphémère de la vie et des heures.
Sylveen S. Simon – Les écrits de Sylveen
Poésie en alexandrins en hommage à la déesse Iris – 13 mars 2026

